À la Foire de Marseille, la Francophonie se goûte, se porte et se danse

 


Du Village des Tropiques aux pavillons africains, le Parc Chanot dessine une Francophonie sans en porter officiellement le nom








English summary

The 2026 Marseille International Fair, held from 25 September to 5 October under the theme “The Mediterranean on Stage”, is not officially a Francophonie event. Yet French-speaking cultures are everywhere: the Caribbean and Indian Ocean territories at the Village des Tropiques, African exhibitors, Morocco and Tunisia, Canada, Vietnam, Armenia and overseas France. Marseille’s fair thus offers an informal portrait of a Francophonie based less on institutions than on food, crafts, music, migration and everyday cultural exchange.


Une Foire méditerranéenne... et très francophone

La Foire internationale de Marseille se tient cette année du 25 septembre au 5 octobre au Parc Chanot. Le thème choisi pour l’édition 2026, « La Méditerranée en scène », met naturellement l’accent sur les cultures, les savoir-faire et les modes de vie du bassin méditerranéen.

À première vue, rien ne semble donc annoncer un rendez-vous consacré à la Francophonie.

Pourtant, il suffit de parcourir les pavillons internationaux, le Village des Tropiques ou la liste des exposants pour constater que le monde francophone occupe une place considérable dans la Foire.

Il ne s’agit pas d’une Francophonie institutionnelle, avec drapeaux de l’OIF, conférences diplomatiques et discours sur la langue française. C’est une francophonie beaucoup plus concrète : on la mange, on l’écoute, on l’achète, on la porte et parfois on la danse.


Le Village des Tropiques, petit morceau d’outre-mer à Marseille

C’est probablement l’espace où cette présence apparaît le plus clairement.

Le Village des Tropiques rassemble plus de trente exposants venus notamment de Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Madagascar, île Maurice et Guyane, auxquels s’ajoutent des représentants d’autres espaces insulaires. L’organisation promet zouk, quadrilles, bijoux, paréos, accras et produits venus des îles.

À quelques mètres les uns des autres se retrouvent donc des territoires dont les histoires sont extrêmement différentes.

La Martinique, la Guadeloupe, La Réunion et la Guyane appartiennent à la République française. Madagascar et Maurice sont des États indépendants membres de l’espace francophone international. Leurs créoles, leurs langues nationales, leurs histoires coloniales et leurs cultures ne se confondent évidemment pas.

Mais le français constitue l’une des langues permettant leur rencontre.

Marseille joue ici un rôle qui lui convient assez naturellement : non pas imposer une identité commune, mais offrir un port où plusieurs identités peuvent se croiser.


L’Amicale DOM-TOM au milieu des saveurs

La liste officielle des exposants 2026 mentionne notamment une Amicale DOM TOM dans l’espace « Saveurs en fête », ainsi que plusieurs commerces et producteurs associés à l’Afrique et aux territoires ultramarins. On trouve également de la vanille de Madagascar et diverses enseignes proposant des produits issus d’espaces francophones.

La présence ultramarine ne constitue donc pas seulement un décor exotique destiné à égayer les allées.

Elle rappelle que Marseille entretient depuis longtemps des relations humaines avec les Antilles, la Guyane, La Réunion, Madagascar et l’océan Indien.

Pour beaucoup de visiteurs, ces territoires ne sont d’ailleurs pas des destinations lointaines. Ils sont liés à des familles, à des parcours professionnels, au service militaire, aux migrations ou simplement à des souvenirs de voyage.

Une foire commerciale peut ainsi raconter une géographie affective que les cartes administratives montrent assez mal.


Un pavillon Afrique qui mêle pays francophones et anglophones

L’une des nouveautés de l’édition 2026 est l’installation d’un pavillon Afrique réunissant notamment le Mali, le Niger, le Nigéria et la Côte d’Ivoire.

Ce choix est intéressant précisément parce qu’il dépasse la seule Francophonie.

Le Mali, le Niger et la Côte d’Ivoire appartiennent historiquement à l’espace francophone, même si les politiques linguistiques et les rapports au français évoluent rapidement dans plusieurs pays du Sahel. Le Nigéria est, lui, majoritairement anglophone.

La Foire reconstitue donc à petite échelle une réalité africaine que les organisations linguistiques compartimentent parfois trop facilement.

Les frontières entre Afrique « francophone » et Afrique « anglophone » existent, mais les commerçants, les artistes, les familles et les cultures populaires les franchissent constamment.

Marseille, ville où les circulations méditerranéennes et africaines sont anciennes, est un lieu assez logique pour montrer cette porosité.


Côte d’Ivoire, Mali, Niger : le français sans uniformité

La présence de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest rappelle aussi que parler français ne signifie pas appartenir à une seule culture.

Un artisan ivoirien, malien ou nigérien peut utiliser le français pour communiquer avec un visiteur marseillais tout en travaillant dans une tradition esthétique, textile ou alimentaire profondément locale.

C’est peut-être ici que la Foire donne involontairement une leçon assez juste sur la Francophonie.

Le français n’est pas nécessairement ce qui remplace les autres langues.

Il peut simplement être la langue qui permet à deux personnes qui ne partagent pas la même langue maternelle de se parler.

Cette fonction est beaucoup plus solide que l’idée d’une civilisation francophone uniforme.


Maroc et Tunisie : la Francophonie méditerranéenne

Le hall international accueille également des espaces consacrés au Maroc et à la Tunisie, tandis que l’édition met fortement en avant l’identité méditerranéenne de Marseille.

Ces deux pays occupent une place particulière dans l’espace francophone.

L’arabe y demeure naturellement central, et les identités amazighes sont également fondamentales. Le français y possède néanmoins une présence ancienne dans l’économie, l’enseignement, les médias et les échanges internationaux.

À Marseille, cette francophonie méditerranéenne n’a rien d’abstrait.

Les relations avec le Maghreb appartiennent à l’histoire quotidienne de la ville. Les familles, les commerces, les ports, les restaurants, les accents et les aller-retours entre les deux rives ont construit une partie de l’identité marseillaise contemporaine.

La Foire ne crée donc pas cette relation.

Elle la rend simplement visible pendant quelques jours dans les halls de Chanot.


Le Vietnam, une Francophonie discrète mais persistante

Le Vietnam figure lui aussi parmi les pavillons internationaux annoncés par la Foire.

Sa présence apporte un autre visage de la Francophonie.

Le français n’y est plus une langue quotidienne pour la majorité de la population. Le pays demeure pourtant membre de l’Organisation internationale de la Francophonie et conserve des réseaux universitaires, diplomatiques et culturels liés à la langue française.

La présence vietnamienne rappelle ainsi que la Francophonie ne se mesure pas uniquement au pourcentage de personnes utilisant quotidiennement le français.

Elle peut aussi reposer sur une histoire, des institutions, des générations formées dans la langue et des choix diplomatiques contemporains.

À la Foire, cette histoire complexe se résume souvent à un stand, quelques objets, des saveurs et une conversation.

Ce n’est pas toute la Francophonie vietnamienne.

Mais c’est parfois ainsi qu’une curiosité commence.


L’Arménie, entre Marseille et Erevan

La Maison arménienne de la jeunesse figure parmi les exposants 2026, tandis que l’Arménie apparaît dans les espaces internationaux.

À Marseille, cette présence revêt évidemment une dimension particulière.

La ville possède l’une des communautés arméniennes les plus importantes de France. L’Arménie est également membre de la Francophonie et accueillera à Erevan les prochains Jeux de la Francophonie en juillet 2027.

Cela permet de faire le lien avec notre rubrique régulière consacrée aux Jeux.

La Francophonie arménienne est très différente de celle de la Côte d’Ivoire ou du Québec. Le français n’y est pas une langue majoritaire. Il constitue plutôt une langue d’ouverture internationale et un élément d’une relation historique avec la France.

À Marseille, cependant, cette relation cesse d’être théorique.

Elle possède des associations, des écoles, des familles, des églises et désormais un stand à la Foire.


Le Canada apparaît aussi dans le tour du monde

Le Canada figure également parmi les pays représentés dans l’offre internationale de la Foire, notamment à travers des produits et spécialités associés au marché canadien.

Évidemment, le Canada ne se réduit pas au Québec et toute présence canadienne n’est pas automatiquement francophone.

Mais son apparition dans ce tour du monde marseillais permet de rappeler que la Francophonie nord-américaine ne se limite pas aux institutions québécoises.

Elle comprend aussi les communautés francophones du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario, du Manitoba et d’autres provinces.

La Francophonie n’est décidément jamais aussi simple que son drapeau.


Polynésie : quand l’outre-mer rejoint le Pacifique

L’édition 2026 accueille aussi un village de la Polynésie.

Avec la Martinique, la Guadeloupe, La Réunion et la Guyane, c’est donc une large partie de la France ultramarine qui apparaît dans les espaces internationaux ou tropicaux de la Foire.

Cette situation comporte d’ailleurs un paradoxe intéressant.

Administrativement, ces territoires sont français.

Culturellement et géographiquement, ils introduisent pourtant à Marseille des univers caribéens, amazoniens, indianocéaniques ou océaniens.

Ils montrent que la Francophonie française elle-même n’est pas uniquement européenne.

Une Polynésienne ou une Martiniquaise n’apporte pas à la Foire une version exotique de la culture hexagonale. Elle apporte une culture française et francophone possédant ses propres langues, ses propres traditions et sa propre géographie.


La Francophonie est partout, mais son nom n’apparaît presque nulle part

C’est finalement le paradoxe le plus intéressant de cette édition.

La Foire ne présente pas un « Village de la Francophonie ».

L’OIF n’est pas au centre de la programmation.

Le thème officiel est la Méditerranée.

Pourtant, une grande partie des espaces internationaux fait apparaître des pays et territoires reliés, de près ou de loin, par la langue française.

Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Polynésie, Madagascar, Maurice, Maroc, Tunisie, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Canada, Vietnam, Arménie : le visiteur peut pratiquement traverser plusieurs régions majeures du monde francophone sans que le mot « Francophonie » soit nécessairement affiché au-dessus de lui.

C’est peut-être précisément ce qui rend l’expérience intéressante.

La Francophonie cesse d’être un concept institutionnel.

Elle redevient une circulation.


Marseille, capitale francophone sans le dire ?

Marseille ne possède évidemment pas le statut symbolique de Paris, Québec, Montréal, Dakar, Abidjan ou Kinshasa lorsqu’on évoque les grandes capitales de la Francophonie.

Pourtant, peu de villes françaises possèdent une géographie humaine aussi naturellement reliée à plusieurs espaces francophones.

Maghreb, Afrique de l’Ouest, Comores, Madagascar, Liban, Arménie, outre-mer et Méditerranée s’y croisent quotidiennement.

La ville fonctionne depuis longtemps comme un lieu de passage entre ces mondes.

La Foire internationale ne fait que condenser pendant onze jours cette réalité dans quelques halls.

On y vient pour acheter une nappe, goûter un plat ou regarder un artisan travailler.

Et l’on découvre parfois, sans l’avoir cherché, que la langue française relie des mondes qui n’ont par ailleurs presque rien en commun.


Une Francophonie commerciale plutôt qu’institutionnelle

Il ne faut cependant pas idéaliser la manifestation.

Une foire reste d’abord une foire.

Les exposants viennent vendre.

Les pays sont souvent représentés par quelques produits facilement identifiables : textiles, bijoux, artisanat, gastronomie ou souvenirs.

Le risque d’une représentation folklorique existe.

Un pays immense peut se retrouver résumé à trois tissus, deux épices et un plat.

Mais ce commerce populaire a aussi une vertu.

Il crée des rencontres qui ne se produiraient pas dans un colloque sur les politiques linguistiques.

Un visiteur qui n’assisterait jamais à un sommet de la Francophonie peut discuter dix minutes avec une artisane malgache ou un vendeur ivoirien.

La diplomatie douce possède parfois l’odeur des épices.


Note culturelle : la Foire internationale, un vieux miroir du port

La Foire de Marseille existe depuis 1924. Elle est devenue l’un des principaux rendez-vous commerciaux du sud de la France et accueille aujourd’hui autour d’un millier d’exposants.

L’édition 2026 se déroule du 25 septembre au 5 octobre.

Son caractère international correspond profondément à l’histoire économique de Marseille.

Un grand port ne reçoit jamais seulement des marchandises.

Avec les marchandises arrivent des langues, des recettes, des croyances, des vêtements et des manières de vivre.

La Foire transforme en spectacle commercial ce que le port fait depuis des siècles de manière quotidienne.


Cap sur Erevan 2027

La présence arménienne à la Foire offre naturellement un rappel des Xe Jeux de la Francophonie, qui se tiendront à Erevan du 23 juillet au 1er août 2027.

La Maison arménienne de la jeunesse figure parmi les exposants recensés cette année à Marseille, donnant une dimension très locale à ce futur rendez-vous international.

Il n’y a pas de nouveau résultat sportif, les Jeux n’ayant évidemment pas encore commencé. La préparation des sélections et des concours culturels se poursuit.

Entre Marseille et Erevan, la Francophonie montre ici deux visages assez différents : l’un institutionnel et sportif, l’autre associatif, diasporique et commercial.

Les deux racontent pourtant la même chose : une langue ne circule jamais seule. Elle voyage avec les personnes qui la parlent.


Points essentiels

La Foire internationale de Marseille se déroule du 25 septembre au 5 octobre 2026 sous le thème « La Méditerranée en scène ». L’organisation annonce une importante présence internationale, avec notamment un Village des Tropiques réunissant Martinique, Guadeloupe, Réunion, Guyane, Madagascar et Maurice.

L’édition accueille également un nouveau pavillon Afrique où figurent notamment le Mali, le Niger, le Nigéria et la Côte d’Ivoire, ainsi que des pavillons ou exposants liés au Maroc, à la Tunisie, au Vietnam, à l’Arménie et à la Polynésie.

La Francophonie n’est donc pas le thème officiel de la Foire. Elle apparaît plutôt comme un fil invisible reliant une partie importante des pays et territoires représentés.


Sources

Le site officiel de la Foire internationale de Marseille présente l’édition 2026 et ses différents univers. Sa rubrique « International » détaille les pavillons et le Village des Tropiques.

La liste officielle des exposants 2026 permet notamment d’identifier l’Amicale DOM TOM, la Maison arménienne de la jeunesse, ainsi que plusieurs enseignes liées à l’Afrique, au Maroc et à Madagascar.

La présentation publiée par Fréquence Sud détaille notamment les pavillons Afrique et les différentes représentations internationales.

Enfin, la Ville de Marseille replace cette édition sous le signe de la Méditerranée et des liens entre Marseille et la mer.


Note culturelle : la Foire, un siècle de Marseille ouverte sur le monde

La Foire internationale n’est pas un événement que l’on pourrait simplement déplacer de Marseille à une autre ville. Elle raconte quelque chose de profondément marseillais. Son histoire commence au Parc Chanot dans les années 1920, avec une première « Quinzaine commerciale » en 1924, puis l’organisation d’une véritable Foire à partir de 1925. En 1929, la manifestation rejoint l’Union des foires internationales et prend le nom de « Foire internationale de Marseille ».

Cette naissance correspond parfaitement à l’identité économique de la ville. Marseille est alors un grand port de commerce tourné vers la Méditerranée, l’Afrique, le Proche-Orient et bien au-delà. Les marchandises qui débarquent sur ses quais apportent avec elles des hommes, des langues, des cuisines et des cultures. La Foire transpose cette vocation portuaire au Parc Chanot : ce que le port fait toute l’année avec les bateaux et les cargaisons, la Foire le rend visible pendant quelques jours à travers les stands et les pavillons.

Un siècle plus tard, cette dimension demeure particulièrement perceptible lorsqu’on regarde la présence des cultures francophones. Maghreb, Afrique de l’Ouest, Madagascar, Maurice, Antilles, Guyane, Réunion, Québec ou Arménie ne sont pas à Marseille comme dans une ville étrangère à leur histoire. Beaucoup de ces espaces entretiennent avec la cité phocéenne des liens anciens, familiaux, migratoires, commerciaux ou culturels.

La Francophonie de la Foire rejoint ainsi celle que l’on rencontre dans Marseille elle-même. Elle se retrouve dans les familles venues du Maghreb, de l’océan Indien ou des Comores, dans les communautés africaines et arméniennes, dans les commerces, les restaurants et les associations. La Foire concentre simplement cette géographie humaine dans les allées de Chanot.

C’est sans doute ce qui distingue la Francophonie marseillaise d’une Francophonie purement institutionnelle. Elle ne commence pas avec un sommet international. Elle commence avec un port, des migrations, des échanges et des personnes qui vivent dans une même ville tout en gardant des liens avec plusieurs parties du monde.

La Foire internationale apparaît alors comme un miroir de Marseille : méditerranéenne par sa géographie, mondiale par son histoire et profondément francophone par une partie des populations et des territoires auxquels elle demeure reliée.


Pour aller plus loin

Cette présence francophone au Parc Chanot peut d’abord être replacée dans l’ensemble mondial décrit dans « Francophonie : 396 millions de locuteurs, mais qui voit encore leurs œuvres ? ». Marseille offre précisément un exemple de cette Francophonie qui ne se limite pas à la langue : elle est aussi faite de circulation des personnes, des produits et des cultures.

« Francophonie mondiale : les nouveaux défis d’un espace qui ne parle plus seulement de langue » permet de comprendre pourquoi une ville-port comme Marseille constitue un observatoire particulièrement intéressant. Ici, les différentes Francophonies ne se rencontrent pas seulement lors d’événements officiels : elles se croisent quotidiennement dans la ville avant de se retrouver, pendant la Foire, sous les pavillons de Chanot.

La forte présence ultramarine du Village des Tropiques peut aussi être prolongée par « Outre-mer : reconstruire les institutions sans oublier les cultures vivantes ». Les Antilles, la Guyane ou La Réunion rappellent qu’une partie de la Francophonie reliée à Marseille appartient directement à la France tout en étant culturellement caribéenne, amazonienne ou indianocéanique.

Enfin, « Martinique : quand le droit de circuler devient le droit de rester » permet de dépasser l’image festive des stands ultramarins. Marseille a toujours été une ville de départs et d’arrivées : derrière les produits et les musiques présentés à la Foire se trouvent aussi des histoires de mobilité, de familles et d’installation.


Commenter

La Foire de Marseille devrait-elle assumer davantage cette dimension et créer à l’avenir un véritable espace de la Francophonie regroupant outre-mer, Afrique, Maghreb, Canada, océan Indien et Asie francophone ?

Ou vaut-il mieux conserver cette Francophonie informelle, dispersée dans les halls, parce qu’elle correspond finalement davantage à la manière dont Marseille la vit au quotidien ?


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